En bref
- • La PMI pose parfois des questions sur vos finances, votre vie privée ou votre santé, alors que ce sont des sujets relevant de la vie privée
- • Ces questions visent surtout à évaluer votre pérennité dans le métier et le bien-être des enfants accueillis
- • Vous pouvez refuser de répondre, mais comprendre la logique derrière ces questions vous aide à mieux gérer l'entretien
Vous avez assisté à la réunion d'information sur le métier d'assistante maternelle , déposé votre dossier de demande d'agrément , et vous attendez maintenant la visite de la PMI à votre domicile . Vous vous êtes préparée aux questions habituelles sur vos motivations et la sécurité de votre logement.
Ce que vous ne savez peut-être pas : il existe aussi un certain nombre de questions que la PMI n'a pas le droit de poser, et qu'elle pose souvent quand même. Pourquoi ? Comment réagir ? Petites explications.
Pourquoi ces questions sont-elles posées malgré tout ?
Lors de la visite, la puéricultrice a plusieurs interrogations en tête. La première est évidente : est-ce que la sécurité du domicile est suffisante pour l'accueil des enfants ? Est-ce que vous serez en mesure d'assurer le bien-être et l'éveil des enfants ?
Une fois ces questions satisfaites, une interrogation importante demeure : quelle est votre pérennité dans ce métier ?
Car agréer et former une assistante maternelle représente un investissement significatif en temps et en argent pour le département. Une fois une bonne assistante maternelle installée dans un secteur, le conseil départemental n'a pas envie de la perdre au bout de quelques mois. Sans parler des parents qui lui auront confié leur enfant et qui se retrouveraient dans une situation difficile.
C'est pour évaluer cette pérennité que certaines questions très personnelles font leur apparition dans l'entretien, parfois de façon détournée.
Les questions sur la situation financière du foyer
C'est la plus fréquente des questions "interdites". Les puéricultrices demandent souvent le métier du conjoint, ce qui est autorisé, mais aussi le montant de ses revenus, le montant du loyer ou du prêt immobilier, les charges courantes.
Ces informations relèvent de la vie privée. Mais la logique derrière la question est compréhensible : le métier d'assistante maternelle est financièrement très variable. Vos revenus peuvent passer de corrects à quasi nuls en quelques semaines, selon les arrivées et les départs de contrats. Si votre conjoint a des revenus suffisants pour couvrir les charges fixes du foyer, la PMI est rassurée sur votre capacité à traverser les creux sans abandonner le métier.
Les questions sur la vie privée et l'entente au sein du foyer
De la même façon, les personnes de la PMI s'informent parfois mine de rien sur la stabilité du foyer, l'entente entre les membres de la famille, la situation dans les familles recomposées.
Ces questions ont deux objectifs. D'abord, s'assurer de votre pérennité : un déménagement lié à une séparation peut vous contraindre à arrêter le métier et à laisser des familles sans solution. Ensuite, s'assurer du bien-être des enfants accueillis : l'accueil chez une assistante maternelle est un mode de garde familial, et l'ambiance au sein de la maison fait partie de l'environnement dans lequel les enfants seront plongés chaque jour.
Les questions sur la santé
La PMI peut vous interroger sur votre santé ou celle de votre famille. Cela n'est pas interdit en soi, mais doit se limiter à ce qui peut avoir un impact direct sur l'accueil des enfants. Le fait que vous ayez du cholestérol ou que votre enfant soit diabétique ne regarde pas la PMI.
Derrière ces questions se cache toujours la même préoccupation : être assistante maternelle est un métier très physique, qui demande d'être en forme. Une santé fragile peut entraîner des absences répétées, ce qui met les parents des enfants accueillis dans une situation difficile.
Comment répondre sans se laisser déstabiliser
Vous êtes en droit de ne pas répondre à ces questions, et ce n'est pas une interprétation de notre part. Le guide de l'agrément à l'usage des services de PMI leur demande de vous en informer, en visant nommément le sujet le plus fréquent : « il devra être porté à la connaissance des candidats qu'ils peuvent ne pas répondre à des questions pouvant constituer une intrusion excessive dans la vie privée et sans rapport avec l'objet de l'évaluation des candidatures, comme par exemple les questions relatives aux revenus du foyer ». Vous pouvez donc dire simplement que le sujet relève de votre vie privée.
Mais une autre approche est souvent plus efficace : comprendre la logique derrière la question et y répondre de façon rassurante, sans entrer dans les détails.
Prenons un exemple concret. On vous interroge sur les revenus de votre conjoint et le montant de votre loyer. Au lieu de donner des chiffres précis ou de refuser sèchement, vous pouvez indiquer que vous avez fait un budget, que les revenus de votre conjoint couvrent les charges fixes du foyer, et que votre salaire d'assistante maternelle couvrira les dépenses variables. Bref, que vous avez réfléchi à la question et que vous avez conscience que vos revenus seront variables.
Préparez à l'avance une réponse courte pour chacune de ces questions sensibles. Ainsi, si elles arrivent lors de la visite, vous ne serez pas prise au dépourvu et vous répondrez en professionnelle, pas en candidate déstabilisée.
Le plus important est de ne pas vous laisser déstabiliser. Ces questions ont des objectifs professionnels précis, pas une curiosité malsaine. Répondez en professionnelle à des questions qui sont, au fond, professionnelles elles aussi.
Un refus d'agrément ne peut pas être motivé par votre refus de répondre à une question relevant de la vie privée. L'article L421-3 du CASF est bref sur ce point : « Tout refus d'agrément doit être motivé », et les motifs se prennent dans les critères du référentiel, à l'annexe 4-8 du même code. Vous pouvez le contester via un recours gracieux auprès du conseil départemental .
Aurélie Bellêtre
Spécialiste du droit du travail des assistantes maternelles
Spécialiste du secteur petite enfance et du droit du travail des particuliers employeurs
Consulter son profil et ses articlesQuestions fréquentes
Quelles questions la PMI n'a pas le droit de poser lors de la visite d'agrément ?
Pourquoi la PMI pose-t-elle quand même ces questions ?
Peut-on refuser de répondre aux questions interdites de la PMI ?
Un refus d'agrément peut-il être motivé par le refus de répondre à une question interdite ?
Comment se préparer à l'entretien avec la PMI ?
Sources et références
- chiens de la première et de la deuxième catégorie
- Article L421-4 du CASF : nombre de mineurs que l'agrément autorise à accueillir
- Référentiel de l'agrément des assistants maternels à l'usage des services de PMI, DGAS, août 2009 (copie hébergée par l'UFNAFAAM)
- Article L421-3 du CASF : délivrance de l'agrément, référentiel, dossier et honorabilité
- Annexe 4-8 du CASF : référentiel fixant les critères d'agrément des assistants maternels