En bref
- • Depuis janvier 2019, une évaluation des acquis sanctionne la fin de la 1re partie de la formation initiale
- • L'attestation de validation n'est délivrée qu'en cas de réussite : sans elle, impossible d'accueillir un enfant
- • L'évaluation prend souvent la forme d'un questionnaire à choix multiples (QCM) sur les thèmes des 80 premières heures
- • Le taux de réussite est très élevé : la préparation reste indispensable mais l'examen n'est pas un obstacle insurmontable
Depuis janvier 2019, l'autorisation d'accueillir des enfants est soumise à la réussite d'une évaluation à l'issue des 80 premières heures de formation initiale . Sans cette validation, pas d'attestation, et sans attestation, pas d'accueil possible. L'évaluation peut prendre diverses formes selon le département et l'organisme de formation, mais elle se présente souvent sous la forme d'un questionnaire à choix multiples.
C'est une évolution importante introduite par le décret n° 2018-903 du 23 octobre 2018 : avant 2019, il suffisait de suivre la formation. Désormais, il faut la valider.
Ce que l'évaluation mesure concrètement
L'évaluation porte sur les connaissances acquises pendant les 80 premières heures de formation, réparties sur les 3 domaines définis à l'article D421-46 du CASF :
Domaine 1 : les besoins fondamentaux de l'enfant. Sécurité physique et psycho-affective, gestes de premiers secours, sensibilisation aux violences éducatives ordinaires, soins d'hygiène, développement de l'enfant, accompagnement à l'autonomie.
Domaine 2 : les spécificités du métier d'assistant maternel. Droits et devoirs de la profession, relation contractuelle avec l'employeur, convention collective des assistants maternels , communication professionnelle avec les parents et les autres acteurs de la petite enfance.
Domaine 3 : le positionnement professionnel. Cadre juridique et institutionnel, rôle des différents acteurs (PMI, relais petite enfance, CAF), responsabilités de l'assistant maternel.
Quelques questions types pour s'entraîner
Voici le genre de questions qui reviennent fréquemment lors de ces évaluations.
Sur la sécurité :
- Quelle position de couchage est recommandée pour prévenir la mort subite du nourrisson ?
- Quand faut-il installer des barrières d'escalier ?
- Que doit contenir une trousse de premiers secours dans un logement d'assistante maternelle ?
Sur le cadre légal :
- Quel est le salaire minimum horaire net d'une assistante maternelle ?
- Qu'est-ce que la mensualisation du salaire ?
- Quelle est la durée maximale d'accueil hebdomadaire d'un enfant ?
Sur le rôle de l'assmat :
- À qui s'adresser en cas de suspicion de maltraitance ?
- Qu'est-ce qu'un projet d'accueil ?
- Quand l'assmat doit-elle contacter la PMI ?
Point de vigilance : les questions varient selon le département et l'organisme de formation. Certains départements organisent une évaluation très proche d'un QCM scolaire, d'autres préfèrent des mises en situation. Renseignez-vous auprès de votre organisme de formation sur le format exact.
Comment se préparer efficacement
La meilleure préparation reste la relecture de vos notes et des documents distribués pendant les 80 heures. Les questions portent sur ce que vous avez vu en formation, pas sur des connaissances extérieures.
Quelques conseils pratiques : regroupez vos documents par module, faites-vous des fiches courtes sur les points-clés (règles de couchage, obligations légales, salaire minimum), et demandez à une amie ou à votre conjoint de vous interroger à l'oral.
Le taux de réussite à cette évaluation est très élevé. Les candidates qui échouent sont généralement celles qui n'ont pas suivi la totalité des 80 heures ou qui n'ont pas relu leurs notes avant l'examen.
Et si vous échouez ? Ce n'est pas la fin du monde. Le décret prévoit que le président du conseil départemental peut organiser une deuxième évaluation, financée par le département, adaptée aux besoins identifiés par l'organisme de formation ou les services départementaux (article D421-45, II du CASF). Si cette seconde évaluation est réussie, vous obtenez votre attestation de validation et pouvez accueillir des enfants.
Pas de panique. C'est normal d'appréhender un examen. Mais il ne s'agit pas de souffrir pendant des heures sur des questions auxquelles vous n'avez pas de réponse : on vous demande de montrer que vous avez assimilé ce qu'on vous a enseigné pendant la formation, rien de plus.
Aurélie Bellêtre
Spécialiste du droit du travail des assistantes maternelles
Spécialiste du secteur petite enfance et du droit du travail des particuliers employeurs
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